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Le « Free Fight » : Nouveaux jeux du cirque ou art martial ?
Par Alexandre A.
Pour ce premier article dans le domaine du sport, je vais vous relater l’origine d’un sport de combat à la réputation ambivalente : le MMA, plus connu sous le nom de « free fight » (ou « combat libre », pour ceux ignoreraient la langue de Shakespeare). Considéré comme un art martial, voire comme l’art martial par excellence, par ses pratiquants, honni par une partie du grand public car considéré comme une apologie de la violence, ce sport peine à s’affirmer en France comme une discipline sportive à proprement parler. A tel point que, malgré un nombre croissant de pratiquants, il n’est toujours pas reconnu par le ministère de la jeunesse et des sports (je reviendrai sur les enjeux de sa légalisation dans un prochain article). Il me parait donc utile de décrire en quelques mots la nature de ce sport et de retracer à grand trait son histoire, qui dévoile l’intimité de son lien avec le monde des arts martiaux, et plus particulièrement des arts martiaux japonais.

Le « Free Fight », c’est quoi ?
Le free fight, ce n’est pas de la bagarre, ni la pratique d’un combat libre de toute règle. Ce n’est pas un Fight Club dirigé par un Tyler Durden schyzophrène qui ne se rend pas compte que le charismatique vendeur de savon qu’il a rencontré dans l’avion porte le même nom que lui. Le free fight, dont l’appellation officielle est MMA (acronyme pour « mixed martial arts »), est un sport de combat alliant le combat debout (coups de pieds, poings, coudes, genoux), le « corps-à-corps » (préhension, projections comme en judo, lutte, etc) et le combat au sol, incluant les coups et les techniques de soumission. En très gros, imaginez une synthèse entre la boxe thaï, la lutte ou le judo, le jiu jitsu brésilien (je reviendrai sur ce sport exotique pour ceux qui ne le connaissent pas), rajoutez des coups divers et variés quand les protagonistes sont au sol, et vous aurez une idée de ce à quoi peut ressembler un combat de MMA.
Du Japon au Brésil: la naissance du « Free Fight », un voyage des arts martiaux
Je ne résiste pas à vous retracer la genèse de ce sport, d’abord parce que j’aime bien son histoire, digne scénario de film (de film pas très complexe, mais plus que 95% des films d’arts martiaux), et parce que son origine est un premier argument quant à son appartenance au monde des arts martiaux.
Tout commence lorsque l’inventeur du judo, Jigoro Kano, envoie certains de ses disciples répandre leur art à travers le monde. L’un d’entre eux, Mitsuyo Maeda, est envoyé en Amérique, et sillonne le nouveau monde des Etats-Unis au Brésil en passant par Cuba et s’octroyant même un bref séjour en Espagne. Pour montrer la supériorité du judo et jiujitsu (à l’époque ces disciplines ne sont pas clairement différenciées), Maeda s’adonne au catch, à la lutte, à la lucha libre et autres disciplines occidentales. Par ses combats (plus de 2000 au total, et par l’usage de techniques interdites au judo, il s’attire les foudres de son maître Kano et entre en conflit avec son école, appelée le Kodokan. Maeda ouvre alors sa propre école de Judo-jiujitsu au Brésil, et crée son propre style de combat.
Parmi ces élèves, le jeune Carlos Gracie se démarque, imbattable malgré son petit gabarit. Carlos et sa nombreuse fratrie, à laquelle il transmet son art à la suite de Maeda, s’illustrent rapidement dans le monde du jiujitsu, perfectionnant leur art du combat pour créer une nouvelle discipline, le jiujitsu brésilien : vêtu d’un kimono, le but est de soumettre, de faire abandonner son adversaire, sans lui porter de coup. Dans la droite lignée de Maeda, les Gracie, afin de montrer la suprématie de cette nouvelle discipline, se lancent dans l’organisation de combats libres, dits de « Vale tudo » (littéralement « tout vaut »), ou les règles sont quasiment inexistantes, et qui attirent les pratiquants de divers sports de combat. Dans les décennies suivantes, les combats vont se populariser, les combattants se professionnaliser, et dans le souci de protéger leur intégrité physique, des règles vont être instaurées, maintenant la liberté qui le caractérise tout en minimisant la violence des combats.
C’est ainsi que nait le MMA, parfois appelé free fight : dans la lignée des arts martiaux japonais et du jiujitsu brésilien, il devient l’arène dans laquelle les combattants s’affrontent pour l’honneur des arts martiaux qu’ils pratiquent.
Par Alexandre A.
50 nuances de mauvais goût : la bande originale.
C’est l’événement dont tout le monde parle ou n’ose pas parler : OH MON DIEU 50 Shades of Grey va sortir au cinéma. Quand ? Je vous le donne en mille : le 14 février.
Autant vous dire que je suis pliée de rire en imaginant les couples en manque de libido qui vont inviter leur partenaire « au cinéma » (on a connu plus romantique) tout à fait innocemment sans leur annoncer leur véritable projet… Et la tête du/de la partenaire en se rendant compte du traquenard et du message subliminal que l’autre tente de faire passer quelque peu maladroitement. Non, vraiment, je ris.
A la sortie du bouquin, on se souvient du succès monumental : tout le monde l’achetait et l’assumait plus ou moins. Les seules personnes assumant la détention de ce livre dans mon entourage sont 3 quinquas et une nana de la vingtaine qui a toujours adoré crier haut et fort les pratiques les plus étranges qu’elle menait avec son copain. On pourrait s’intéresser à ces faits et essayer d’en tirer des conclusions – certainement hâtives - mais là n’est pas le sujet.
Il se trouve qu’à Noël, il y a 2 ans, avec ma bande de potes de l’époque on avait décidé de faire une soirée où on s’offrirait des « faux » cadeaux. C’est ainsi que je me suis retrouvée à offrir des bouquins genre « Qui aime quand je t’aime ? » ou « De la dépression au goût du bonheur » (ces livres existant vraiment, no offense aux éventuels lecteurs). C’est aussi comme cela que j’ai reçu 50 Shades of Grey. A noter que je venais de me séparer d’une longue relation. Tout en finesse.
Bref, je me suis dit qu’il ne pouvait pas être si nul que ce que je pensais alors j’ai commencé à le lire… Et puis mes attentes se sont confirmées : j’ai arrêté peu avant d’atteindre les 100 pages. A ma décharge c’est écrit très gros, on les atteint rapidement. Pour vous donner un exemple, je saisis le livre, l’ouvre à n’importe quelle page (117) et la première phrase que je lis est : « Voilà les deux aspects de sa personnalité que je n’arrive pas à réconcilier : le Christian gentil et affectueux qui accourt à ma rescousse quand je suis ivre morte et qui me soutient doucement pendant que je vomis dans les azalées, et ce monstre avec ses fouets et ses chaînes. ». Si joliment écrit.
Toutefois je ne suis pas là pour une critique littéraire. Mon domaine c’est plutôt celui de la musique et si le film est prévu pour le 14 février, la bande-originale du film, elle, est déjà sortie. J’ai vu paraître à droite et à gauche quelques articles « Une bande-originale qui va vous donner chaud », « Une bande-originale déjà meilleure que le film » au sein desquels tout le monde se permettait de comparer avec celle du film de Baz Luhrmann Gatsby Le Magnifique.
On va donc calmer un peu le jeu et remettre les choses dans leur contexte : 50 Shades of Grey est réalisé par Sam Taylor-Johnson. Quelqu’un la connaît ? Non ? C’est normal, un des trucs les plus fous qu’elle ait fait dans sa carrière est de filmer Beckham pendant qu’il dormait. DINGUE. Baz Luhrmann, vous ignoriez peut être son nom avant Gatsby et on peut vous pardonner mais c’est lui qui a fait les chefs d’œuvre que sont Roméo + Juliette et Moulin Rouge. Pas tout à fait le même niveau. Et si la bande-originale de Gatsby était impressionnante, le film était assez décevant dans le sens où il reprenait exactement les codes de Moulin Rouge. On va donc jeter un œil à la playlist que certains considèrent comme une merveille tout droit descendue de l’Olympe. Bien sûr, on s’attend à des titres assez sombres, puissants et qui auraient de quoi éveiller la libido d’une personne qui l’aurait perdue à tout jamais, pour les siècles des siècles.
Elle commence relativement bien avec I pu t a spell on you d’Annie Lenox, la version la plus sexy de ce morceau. Viennent ensuite les Rolling Stones avec Beast of Burden … Pourquoi pas, mais ce n’est pas forcément le meilleur choix de titre et sans chercher très loin, sur le même album, il y a Miss You qui est bien plus irrésistible avec sa ligne de basse. Et puis de toute manière je fais partie de la Team Beatles.
Moment grandiose : Witchcraft de Franck Sinatra. J’ai presque envie d’aller voir le film juste pour savoir à quel moment ils comptent le placer. Mais beau choix, j’admire. C’est culotté pour un film où il n’y en aura pas beaucoup. On passe ensuite à des morceaux plus récents et c’est The Weeknd qui ouvre les hostilités. Artiste pas vraiment connu du grand public, je le connais depuis 2 ans et j’adore Wicked Games et High for This. Le genre de titre que j’attendais indéniablement sur cette bande-originale! On est servis avec Earned it : un très joli cru qui, si je ne m’abuse, a été composé spécialement pour le film. En revanche je ne comprends pas le choix de Where You Belong qui est, à mon goût, l’un de ses moins bons morceaux…
Dans ceux qui ne pouvaient qu’être présents, il y a bien entendu Sia dont la popularité est en train de monter en flèche et qui était aussi présente sur la bande-originale de Gatsby et d’un des films de la saga Twilight … Je regrette un peu certains de ces choix pour être portée au grand public même si la qualité de ses morceaux est toujours présente… Et là vous me jetez des œufs parce que je me la joue hipster musicale mais tant pis, j’assume.
L’autre artiste qui ne pouvait qu’être présente sur la bande-originale c’est Beyoncé. MAIS QUE SERAIT LE MONDE SANS QUEEN B ? On retrouve dans la bande-annonce un très bon rework de Crazy In Love (le meilleur morceau de sa carrière sans aucun doute) et Haunted, un peu dans l’esprit des morceaux de The Weeknd et où forcément on a un « Slap me » bien prononcé. Comme le sujet du film était trop subtil, il a fallu insister dessus.
Enfin, on trouve Ellie Goulding, qui était assez discrète ces derniers temps et qui revient avec un morceau qui se laisse écouter, sans plus, intitulé Love Me Like You Do, pour finir sur le petit quotat nouveauté avec Jessie Ware que l’on connaît surtout sur des featurings notamment avec Disclosure ou Sampha. J’aurais attendu un peu plus de sensualité dans cette bande-originale, avec des morceaux comme Hell Is Around The Corner ou Nicotine Love de Tricky et pourquoi pas un peu plus de légèreté avec quelque chose comme You Know You Like it de AlunaGeorge.
Finalement, on a une bande-originale avec quelques morceaux appréciés, mais clairement pas aussi transcendante que ce que certains promettaient pour un film dont je doute fortement qu’il sera de qualité mais après tout j’espère me tromper. Juste pour se marrer, voici la réaction de personnes d’un certain âge sur la bande-annonce et un passage du livre.
En attendant, si votre bien-aimé(e) a prévu une soirée au ciné pour le fameux soir, vous savez ce qui vous attend en rentrant à la maison.
Du fil à la plume.
Par Déborah D.

J’ai toujours eu une profonde admiration pour les gens qui savent s’armer de patience et ceux dont je vais vous parler maintenant en ont fait leur vocation professionnelle : les artisans des métiers d’art. Sujet peut être anodin pour certains, ennuyeux pour d’autres, mais en réalité d’une importance nationale. Car, mes chers compatriotes, il en va de notre cher et tendre patrimoine, cette fameuse exception française. Ces métiers d’art ont longtemps été déclarés en voie d’extinction. Aussi compétents que la WWF dans son domaine, les maisons de couture et grandes marques de mode se sont érigés comme les saints sauveurs des métiers d’art. Avec et grâce à elles, les métiers d’art constituent une vitrine d’excellence et contribuent au rayonnement de la France dans le monde entier.
Quels sont ces métiers d’art ? Brodeur, plumassier, parurier…tous travaillent la matière avec leurs petites mains, exécutant les gestes historiques qui se répètent et se transmettent au fil des années et des siècles. Du chapeau à la botte, de la dentelle au sac à main, les artisans oublient le temps pour se consacrer à leur ouvrage. Les ateliers sont éloignés de toute logique de rentabilité sur le court terme, mais font partie intégrante du patrimoine français.

Les acteurs de la mode ont très vite su se rapprocher des artisans pour sublimer leurs créations et faire d’un simple détail la caractéristique exceptionnelle d’un vêtement. Dans les années 30, Elsa Schiaparelli, la créatrice la plus Romaine des Parisiennes, faisait régulièrement appel au brodeur Lesage pour des pièces inspirées et inspirantes : le char d’Apollon du Jardin de Versailles sur une cape brodée, ou plus avant-gardiste, les signes du Zodiaque rebrodés sur une veste co(s)mique, le tout travaillé par la Maison Lesage.
Collaborer, c’est bien, soutenir, c’est mieux. Les maisons de mode se sont investies d’une mission : protéger les savoir-faire, allant jusqu’à racheter les ateliers, qui souffraient d’une pénurie de repreneurs. Les ateliers ont en effet évité une disparition qui aurait coûté cher à la haute couture française. Ainsi Chanel ne cesse de reprendre depuis 1985 différents ateliers de métiers d’art, aux quatre coins de la France : regroupés sous la filiale Paraffection, les ateliers tels que Desrues (parurier), Lemarié (plumassier et fleuriste), Lesage (brodeur), Maison Michel (modiste) travaillent aussi bien pour Chanel que pour d’autres maisons dont Dior, Louis Vuitton, Balenciaga…Mais Chanel n’en reste pas là : depuis 2002, la griffe de Mlle Coco met à l’honneur les savoir faire des métiers d’art à travers un défilé-voyage qui leur est exclusivement consacré. En marge du calendrier traditionnel des défilés, l’évènement se produit chaque année dans une nouvelle ville, en lien avec l’histoire de la dame au camélia.

Le 2 décembre 2014, à Salzbourg s’est tenu le défilé des métiers d’art de Chanel : destination-clin d’œil à la veste du tailleur Chanel, où Gabrielle aurait trouvé l’inspiration en voyant la tenue d’un liftier d’un hôtel de la ville. On retrouve cette anecdote dans le court-métrage Réincarnation, qui illustre la nouvelle campagne des Métiers d’Art de Chanel. Et il faut dire que côté égéries, Chanel a encore mis le paquet puisque la mannequin-star de l’année 2014, Cara Delevingne (so cute en Sissi) et le grand Pharell Williams (so funny en liftier) sont réunis dans cette vidéo publicitaire. La collection précédente était portée par l’actrice Kristen Stewart dans un univers country-luxe. En faisant appel aux stars les plus en vue du moment, Chanel montre que les métiers d’art font la mode, même dans les années 2010.

Sauver les métiers d’art, c’est aussi assurer un bel avenir à la haute couture : il en va de sa survie, tout comme il en va de la survie des métiers d’art. La haute couture répond à d’étroites règles auxquelles peu de maisons de mode peuvent répondre. Pour Chanel, racheter de nombreux ateliers, c’est certes garantir la perpétuation de leur savoir-faire, mais d’une certaine manière, c’est aussi maitriser ces fameux savoir-faire. En juin 2014, Chanel élevait sa participation dans le brodeur Lesage à 70%, comme pour accentuer sa main mise sur l’atelier de broderie, entré dans le portefeuille de Chanel en 2002.
Lesage, pourtant, a contribué à la propre sauvegarde de son patrimoine puisqu’en 1992, l’atelier a fondé son école de broderie, permettant des formations plus ou moins courtes pour s’initier à la broderie. Transmission, patience et savoir faire sont les maitres mots de l’école Lesage. Certains ateliers se sont enfin érigés comme des marques à part entière, en créant et commercialisant leurs propres collections. Maison Michel, atelier de chapeaux sur mesure, présente chaque saison, en parallèle de ses collaborations avec les créateurs de mode, sa propre ligne de chapeaux et accessoires de tête, depuis l’arrivée de Laetitia Chahay, directrice artistique.

Si les métiers d’art, et pas uniquement ceux réservés à la mode, vous intéressent, ou si vous êtes tout simplement curieux, notez que les 27, 28 et 29 mars 2015 sont consacrées aux Journées Européennes des Métiers d’Art. Des évènements, visites d’ateliers, rencontres avec les artisans sont programmés un peu partout en France. L’occasion de découvrir les perles rares que sont nos savoir-faire français. D’ici là, il faudra bien prendre son mal en patience.
Par Déborah D.