Sports

19/03/2015 18:00

    Aujourd’hui rien d’existentiel, pas de débats, point de questions philosophiques, juste un zoom sur :

Le water polo, tout simplement.

      Par Chev'

    Mises à part de vagues notions sur ce sport, voire de lointaines références remontant au dernier cours de natation de l’année où on vous autorisait à jouer avec la baballe, le water polo reste au demeurant un sport assez méconnu du grand public.
 
    On connaît le nom. On a peut être même déjà essayé d’y jouer. Mais bien connaître le water polo, c’est l’adopter (même si vous lisez l’article en diagonale, vous serez fan)!
 
Un peu d’histoire pour les incultes !
 
    Comme son nom très british l’indique, cette noble discipline voit le jour à la fin du XIXe siècle, outre-Manche. La pratique doit son nom et ses débuts à des ouvriers londoniens qui, juchés sur des tonneaux affublés de têtes de chevaux, évoluaient sur la Tamise en essayant tant bien que mal de s’envoyer une vessie de porc dans une tentative très convaincante de parodier le sport alors en vogue chez les élites : le polo. Jalousie ou insolence des prolétaires : qui sait ? Mais saluons tout de même l’imagination ! 
 
    Evoluant au fil de l’eau, le water polo se codifie et se joue dès 1874 en piscine avec un ballon en caoutchouc gonflé à l’air (ce dernier offrant le désavantage d’exploser occasionnellement, entraînant des blessures plus ou moins sérieuses, considérant le fait qu’il était de mise de cacher la balle dans son maillot de bain : messieurs, à vos risques et périls !).
 
    Faisant des émules, le sport s’exporte aux Etats-Unis où il prend une dimension très musclée, réunissant une foule conséquente autour de ce que les journalistes qualifieront candidement de «mort de masse dans l’eau». L’intérêt des Américains pour ce « divertissement» réunira jusqu'à 14.000 spectateurs lors de certains matchs new-yorkais durant lesquels un nombre non négligeable de corps inconscients devaient être évacués suite aux divers coups, noyades, malaises… des joueurs.
    Le succès grandissant est tel que le water polo fait son entrée (avec le rugby) en tant que premier sport collectif des Jeux Olympiques en 1900.
    Petit à petit les règlements s’uniformisent et le water polo, d’un jeu de démonstration de force brute et violente, devient un sport de vitesse, centré sur la précision des passes, le contrôle de la balle et la force de tir (même si le risque de passer quelques instants sous l’eau demeure, au moins sera-t-il, peut-être, sifflé une faute en votre faveur).
    Petite digression, mesdames : bien que pratiqué par la gent féminine depuis près d’un siècle, ce n’est qu’aux J.O de Sydney en 2000 que le beau sexe sera représenté dans la discipline pour la première fois.
 
Technique et pratique :
 
    Le bon sens nous indique qu’effectivement, le water polo est un sport se pratiquant dans un lieu plutôt humide, voire très humide, dans lequel la nature liquide de l’eau est une nécessité : en bref, un rectangle d’eau de 30 mètres sur 20 mètres avec une profondeur réglementaire minimum de 1m80 : pas de répit pour les braves puisque le déplacement se fait uniquement en nageant et où même une position stationnaire requiert une maîtrise parfaite du « rétropédalage », exercice périlleux durant lequel vous devez sans cesse remuer vos gambettes pour à la fois surveiller le jeu et accessoirement respirer si le cœur vous en dit.
 
    Le water polo c’est aussi un équipement ultra-design très important : un maillot de bain (élastique opérationnel de rigueur) et un bonnet immédiatement reconnaissable de par ses magnifiques oreillettes (protège les oreilles des coups notamment). Ledit bonnet étant indispensable au jeu (tout joueur dans l’eau sans bonnet entraîne l’expulsion dudit joueur, faute et pénalty pour l’équipe adverse) puisqu’il permet à la fois de différencier les équipes (bonnet blanc ou bleu bonnet) mais aussi les joueurs (chacun ayant un numéro attribué) !
 
    Enfin, cette discipline c’est surtout 13 poloïstes par équipe (un gardien de buts, 6 joueurs de champs et 6 remplaçants) s’organisant dans une formation en demi cercle (deux ailiers, deux demis, une pointe et une contre-pointe). 
 
    Les joueurs s’affrontent dans des matchs de quatre fois 8 minutes au cours desquels deux arbitres s’efforcent de calmer le jeu, malgré le peu de visibilité qu’ils ont sur les gestes sub-aquatiques, a.k.a : coups de pieds, griffures, étranglements, tentatives de noyade… comme peuvent l’attester les Jeux de Melbourne de 1956, où, juste après l’Insurrection de Budapest, le match Hongrie-URSS a vu l’eau de la piscine se teinter de vermeil durant ce qui restera comme le très poétique épisode du « bain de sang de Melbourne », nécessitant l’intervention de la police australienne.
 
    Outre ces quelques débordements, il s’agit surtout d’un sport d’équipe convivial, nécessitant une maîtrise technique de la balle (à une seule main, seul le gardien peut utiliser ses deux mains sur le ballon), une précision dans les passes et dans le jeu (éviter les pièges de l’équipes adverse qui va essayer de couler la balle que vous avez en votre possession, entraînant alors une faute contre vous) mais aussi une communication particulière (vous pouvez vous essayer à une gamme variée de cris de bêtes pour prévenir votre équipe que vous êtes démarqué).
 

    En gros, le water polo c’est une sorte de handball dans l’eau où il faut faire des passes, tout en essayant de ne pas se noyer, tout en essayant de noyer discrètement l’adversaire. Vous allez boire la tasse, vous prendre des coups dans la figure mais vous allez adorer (allez ! on sait que t’aimes ça !).
 
Par Chev'